Littéralement « burnout » signifie brûler de l’intérieur. En réaction à des situations de crise, une réflexion a été menée sur le phénomène d’épuisement professionnel et il existe un cadre réglementaire défini. Toutefois, le « burnout » n’étant toujours pas reconnu comme maladie professionnelle, ce cadre intervient encore davantage en réaction pansement qu’en amont. Décryptage !  

1/ Un cadre réglementaire identifié

Le « burnout » fait partie des risques psychosociaux identifiés au travail. Pour rappel, par risques psychosociaux on entend :
  • Stress
  • Violences internes (harcèlement, conflits, …)
  • Violences externes (harcèlement, insultes, … ).
Comme le précise l’Institut National de Recherche et de Sécurité (http://www.inrs.fr/risques/psychosociaux/ce-qu-il-faut-retenir.html) les risques psychosociaux doivent être pris en compte comme tous les risques liés à l’environnement de travail. “Une obligation générale de sécurité incombe à l’employeur » (Art 4121-1 du code du travail). L’employeur doit évaluer les risques, y compris psychosociaux, et prendre les mesures pour assurer et protéger la santé physique et morale de ses employés. A titre d’exemple, dès lors qu’il y a travail de nuit, travail dans le bruit, sur écran… un cadre réglementaire spécifique et des aménagements sont prévus.  

2/ Mais aucun statut

Toutefois, dans la mesure où le syndrome « burnout » n’est pas encore reconnu comme maladie professionnelle, les entreprises ne sont pas, dans leur ensemble, suffisamment responsabilisées, et le nombre de cas ne cesse de progresser.   Face à cela, en décembre dernier, un groupe de députés a appelé à la reconnaissance du « burnout » comme maladie professionnelle. Cette reconnaissance aurait, selon eux, au moins deux aspects bénéfiques :
  • la participation des employeurs dans la prise en charge financière de la maladie,
  • la recherche de la part des entreprises de solutions pérennes de réduction de cas d’épuisements.
 

3/ « Burnout » : peut-on le définir exactement ?

Beaucoup d’encre a coulé sur le « burnout » (en voilà un peu plus avec ce billet !). Ce qu’il faut retenir :
  1. Il est très difficile d’avoir des statistiques puisque le statut de maladie n’est toujours pas reconnu.
  2. Même si la médiatisation joue sans doute, le « burnout » apparaît comme une maladie de notre siècle (et la fin du siècle dernier) avec des outils de travail qui ne nous permettent plus de décrocher. En parallèle, il est aussi intéressant de se pencher sur le phénomène du « blurring ». Pour ceux qui ne connaissent pas, un article intéressant à ce sujet http://rhdenoe.com/17-salaries-au-bord-du-burn-out/
  3. Le « burnout » touche les hommes comme les femmes.
  4. Un point commun toutefois, le « burnout » touche généralement des personnes ayant un rapport d’engagement élevé avec leur entreprise. Or, il est intéressant de noter qu’avant d’être un phénomène psychologique, il s’agit d’un phénomène physiologique : le corps s’épuise.
  5. L’environnement compétitif et une économie qui tourne au ralenti n’arrangent pas les choses.
 

4/ Quelles solutions ?

Il est souvent reproché aux salariés de ne pas avoir alerté suffisamment tôt les instances représentatives du personnel et la médecine du travail d’une situation de stress qui peut, petit à petit, se métamorphoser en épuisement.   La vigilance et le lâcher prise seraient donc les 1ers conseils.   Dans ce cadre, il faut également savoir que le rôle de l’avocat est d’informer, conseiller, et rappeler la loi à l’employeur comme au salarié.