Les nouvelles formes de travail

J’ai récemment partagé un article sur le nouveau vocabulaire du monde du travail. Ce dernier fait la part belle aux nouvelles formes de travail : travail flexible, ubérisation, coworking, salarié nomade…
Aujourd’hui, j’ai envie de revenir sur la nouvelle classe d’actifs qui découle de ces changements sociétaux : les multi actifs.
Pourquoi et comment est-ce en train d’arriver ? Quelles sont les conséquences et les principales tendances ? Et côté Protection sociales ?

1/ Les origines des changements sociétaux actuels

Il en existe sans doute d’autres mais j’ai envie de me focaliser aujourd’hui sur deux origines : la numérisation de l’entreprise (et de la société) et la nouvelle représentation du monde du travail.
Au cœur de l’actualité, l’arrivée de nouveaux outils numériques, toujours plus nombreux et perfectionnés, engendre une certaine ubérisation de l’économie.
Mais elle n’arrive pas par hasard et semble répondre à un double besoin désormais bien ancré dans la société : un besoin de flexibilité de la part des entreprises et une recherche du juste prix de la part des consommateurs toujours mieux informés.
Parallèlement à ce phénomène, les nouvelles générations X, Y et Z semblent moins attirées par une carrière linéaire mais cherchent avant tout un travail (des missions !) épanouissant(es), un équilibre vie privée / vie professionnel adapté, plus de liberté…
Du côté des Cadres aussi, ce que l’on semble avant tout rechercher, c’est de la souplesse et la mobilité (résultats Baromètre de la Fondation ITG, « travailler autrement »)

2/ Quelles conséquences ?

La fin des carrières linéaires engendre plus de risques : en effet, qui dit carrière non linéaire dit instabilité, discontinuité, voire insécurité.
Mais cette instabilité cède aussi de la place à la reconversion ; les changements à 180° ou le passage d’un secteur à un autre font aujourd’hui moins figure d’exception.
Bienvenue dans l’ère du switch – pour reprendre une expression lue dans un article -, dans le travail également !

3/ Les tendances qui en découlent

Derrière les lignes que je viens d’écrire se pose une question : est-ce la fin annoncée de la prédominance du salariat ?
Les salariés représentent encore une large part de la population active et on est encore loin de la généralisation du travailleur indépendant.
Toutefois, il est intéressant d’assister la multiplication des nouvelles formes de travail : télétravail, temps partagé, « slasheurs », espaces de travail collectifs…
Ce que les multi-actifs recherchent derrière ces nouvelles formes de travail: plus d’autonomie, plus de responsabilisation, plus de liberté, plus d’opportunité de petits jobs aussi pour certaines personnes confrontées au chômage.

4/ Et côté Protection sociale ?

Au delà de ce panorama de société, si je reprends ma casquette d’Avocat spécialisée en Droit social, une question me taraude, celle de la Protection sociale.
Jusque là, le cas majoritaire repose sur un système paritaire dans lequel les entreprises versent les charges, basées sur des revenus réguliers, aux centres collecteurs.
Qu’en sera-t-il si la majorité concerne demain des revenus fluctuants émanant d’employeurs multiples ? Lorsque l’on voit les débats autour du RSI, on peut imaginer les discussions houleuses. Préparons les dès maintenant !