Le monde du travail connaît de profonds changements : 2.0, arrivée des Millenials, robotisation, développement des CHO (Chief Happiness Officer)… Dans ce cadre, une idée sous-jacente apparaît : les évolutions du monde du travail fonctionneraient comme un moteur pour le droit du travail.

 

Afin d’illustrer le phénomène, je vais m’attarder sur le droit au télétravail.

Quels sont ses atouts ? Ses freins ?

Et ses chances de réussite ?

Droit au télétravail : rappel des faits

Tout d’abord, il faut savoir que les règles qui jusque là régissaient le télétravail dataient de 2005. Une mise à jour pouvait donc être envisagée !

Les ordonnances sur la réforme du Code du travail comporte une avancée considérable sur le télétravail, qui passe notamment par la sécurisation du salarié !

  • les télétravailleurs ont les mêmes droits que les travailleurs « fixes » ; j’entends là le droit à la formation, les droits collectifs, …
  • le télétravail nécessite un accord commun, et l’employeur doit motiver son refus,
  • un accident survenu sur le lieu de télétravail est considéré comme un accident du travail.

Du côté des conditions, il existe également un cadre

  • le salarié doit occuper un poste éligible (défini par accord collectif),
  • le salarié doit justifier de contraintes personnelles (trajet, grossesse, …).

Droit au télétravail : les atouts

Côté collaborateurs, le principal atout relevé se trouve dans la possibilité de mieux gérer son temps, et par la même de bénéficier d’un meilleur équilibre entre les temps de vies professionnelle et personnelle. Un atout certain pour le bien être au travail !

Ils évoquent aussi par exemple la possibilité si besoin de travailler au calme.

 

Côté employeurs, on parle notamment d’une responsabilisation accrue des salariés et de réduction de coûts (moins de salariés présents = moins de m2 à louer !)

Droit du télétravail : les freins

Côté employeurs comme salariés, la culture du présentéisme, est le principal frein ! Très forte en France, elle est difficile à dépasser.

Le télétravail engendre également un certain isolement et donc moins d’interactions, moins de collectif, l’autre mot clé du monde du travail actuel!

En ce qui concerne les accidents du travail, les employeurs craignent aussi une augmentation des cotisations…

Quant aux salariés, ils s’interrogent sur la suppression de la prise en charge des coûts induits par le télétravail (ex : un portable).

 

Paradoxalement, le droit au télétravail est, quant à lui, vu comme un frein pour le droit à la déconnexion…

 

Des tâtonnements (et ajustements probables à venir) qui montrent définitivement que le droit à la déconnexion et le droit au télétravail sont des droits dans l’air du temps, que l’évolution du Droit du Travail, de facto, s’appuie sur l’évolution du monde du travail et vient s’inscrire dans le monde du travail comme une matière qui se nourrit de ses évolutions.

Une nouvelle ère passionnante qui s’ouvre peut être !