Les principes de base

  • Un système universel qui remplace les 42 existants,
  • Le maintien – tant bien que mal – d’un régime de répartition
  • Un âge pivot de départ à la retraite à 64 ans
  • Un euro cotisé qui donne les mêmes droits à tous
  • Une plus grande lisibilité avec un compte unique de retraite
  • Un taux unique de cotisation
  • La création de points de solidarité (pour les périodes de chômage indemnisé, de maternité, d’invalidité)
  • Un système de réversion unique
  • Une majoration de 5% par enfant dès le 1er enfant (attribué à la mère par défaut)

 

Bien que d’ordre général, ces préconisations influent sur la retraite des cadres. Dans quelle mesure seront-ils pénalisés ? Et au contraire favorisés ? C’est le zoom de cet article.

En quoi la retraite des cadres est-elle pénalisée ?

Baisse du salaire de référence

Aujourd’hui le salaire de référence pris en compte pour le calcul des pensions est celui des 25 meilleures années.

Post réforme, la base de calcul s’appuiera sur l’ensemble de la vie professionnelle. C’est un élément pénalisant pour les cadres, qui ont généralement des carrières associées à de fortes progressions de salaires.

Changement de plafond des cotisations pour la retraite complémentaire

Pour la retraite complémentaire, le plafond maximum des cotisations devra s’établir à 3 fois le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale), soit 120 000 euros par an*, toutes catégories de travailleurs salariés confondues.

 

*Le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) 2019 est de 40 524 €.

 

Ce principe va lourdement restreindre les pensions des cadres, qui ont aujourd’hui un plafond maximum pouvant s’élever jusqu’à 8 fois le PASS.

 

Une cotisation faible (2,81%) sera maintenue au-delà du plafond de 120 000 euros, mais elle n’ouvrira pas de droits à la retraite. Cette cotisation supplémentaire aura en effet pour objet l’équilibre général du régime.

Des éléments positifs ?

Création d’un nouveau PER

Afin de compenser ces baisses inéluctables de pensions, le gouvernement met en avant le nouveau PER (Plan d’Épargne Retraite).

Ce dernier est mis en place dans le cadre de la Loi Pacte et offre 3 principaux atouts :

✅ Une fiscalité avantageuse

✅ Plus de souplesse

✅ Un fonctionnement simplifié

Un taux plein à 64 ans pour tout le monde

Aujourd’hui les cadres sont contraints par une obligation d’accumuler 43 annuités pleines.

Or, l’entrée dans la vie active des cadres étant souvent plus tardive, le départ à la retraite est repoussé d’autant.

On considère que l’âge moyen d’entrée dans la vie active s’élève à 23/24 ans, ce qui engendre un départ à la retraite à 66/67 ans pour éviter toute décote.

 

Dans le futur régime, tout départ au-delà de 64 ans fera au contraire bénéficier les cadres d’une surcote de 5% par an.

La hausse du revenu net d’activité

C’est également un élément mis en avant : qui dit baisse des cotisations, dit hausse du revenu net d’activité…

Point auquel j’ajoute : qui dit hausse du revenu net d’activité dit hausse potentielle de la pression fiscale, à moins de reverser le différentiel dans un PER. Ces versements seront non imposables.

Le recourt à un conseil avisé devra en tout état de cause être sérieusement envisagé.

Le ras le bol des cadres

Après la dégressivité de l’ARE, les cadres craignent maintenant pour leurs droits à la retraite.

Cette réforme laissera-t-elle le goût amer d’une retraite par capitalisation forcée ?

 

Ces nouveaux éléments viennent en tous les cas peser un peu plus sur le statut de cadre qui perd petit à petit ses attraits. La question se pose une nouvelle fois, quelles perspectives pour ce statut ?

 

Pour finir sur une note positive, la retraite des femmes semble quant à elle avancer dans le bon sens. A suivre.