Le burn out, le bore out et le brown out font partie de cette grande famille des risques psychosociaux liés à l’environnement professionnel. L’appellation « mal du siècle » est aussi reprise par de nombreux médias.

 

Quelles sont leurs origines ? A quel point sont-elles prises en compte par l’entreprise ? Et les autorités législatives ? Enfin, peut-on être optimistes pour les années à venir quant à leur prise en charge ?

Des « pathologies » aux origines différentes

Un burn out apparaît en cas de surcharge de travail ou de forte pression qui s’accompagne d’objectifs difficiles à réaliser.

 

Le bore out vient d’un ennui profond résultant d’un manque de travail, et qui engendre une perte d’estime de soi.

 

Enfin, le brown out est le syndrome de la perte de sens au travail.

… à moins qu’il n’y en ait une unique : notre société

L’origine du burn out remonte aux années 60.

Aujourd’hui l’accélération du nombre de cas, auxquels on doit ajouter les cas de bore out et de brown out laisse aussi envisager une autre origine : notre société, qui va toujours plus vite et demande aux salariés d’être de plus en plus multitâches et réactifs pour coller à des demandes et des fonctions en constante mutation.

Ce que peut faire l’entreprise

Rappelons en préambule que l’entreprise est censée protéger ses salariés contre les risques psychosociaux au titre de l’article L4121-1 du Code du Travail.

 

Dans ce cadre, voici un panel d’axes de développement que les entreprises pourraient/devraient envisager.

 

  • Sensibiliser à l’importance de l’équilibre vie privée / vie professionnelle ;
  • Opter pour un recrutement transparent en proposant une présentant fiable & sincère sur le contenu des emplois dès la Job description ;
  • Suivre & dialoguer avec les collaborateurs ;
  • Envisager des solutions de reconversion (formation, mobilité) dès que l’entreprise constate une trop grande inadéquation entre la capacité du collaborateur et les missions qui lui sont confiées ;
  • Faire progresser les formations des managers aux sciences du travail ; c’est un sujet trop peu abordé par les jeunes étudiants qui visent des postes à responsabilité ;
  • Parler « perspectives & plan de carrière » avec les salariés et leurs donner les bons outils pour travailler.

Ce que fait déjà la Loi

Selon l’article L4121-1 du Code du travail, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et protéger la santé physique et mentale des employés de sa société. Cela fait partie des obligations de l’employeur.

 

En 2008, suite à la vague de suicides chez France Télécom, un accord national interprofessionnel sur la prévention du stress est signé. Il propose une série d’indicateurs pour dépister le stress au travail. Il reconnait par ailleurs la responsabilité possible de l’employeur de maux d’ordre psychologique, ayant pour origine le stress.

 

En 2015, la Loi Rebsamen ajoute les pathologies psychologiques aux maladies ayant une origine professionnelle, mais les démarches sont encore très longues !

 

D’autres avancées visent une amélioration de la vie en entreprise, et notamment le droit à la formation et le droit à la déconnexion.

Vers une reconnaissance en tant que maladie professionnelle ?

Tout d’abord posons le principe suivant : un arrêt de travail est indemnisé,

  • par la Caisse d’assurance maladie s’il s’agit d’un arrêt de travail classique
  • par la branche AT / MP (Accident du Travail / Maladie Professionnelle) s’il s’agit d’un Accident du Travail et/ou d’une Maladie Professionnelle reconnue en tant que telle !

 

L’impact pour l’entreprise n’est pas le même

  • La Caisse d’assurance maladie est un organisme du Service public
  • La branche AT / MP est essentiellement financée par des cotisations assises sur les salaires, à la charge de l’entreprise.

D’où une certaine réticence de la part des entreprises.

 

Mais ce n’est pas le seul frein… L’inexistence d’outils de diagnostics s’avère notamment bloquant.

 

Du chemin reste à parcourir pour une bonne indemnisation des salariés victimes de ces pathologies, mais on sent une réelle volonté d’avancer. Dans ce cadre, ne jamais hésiter à consulter un professionnel pour savoir ce qui est envisageable ou non !