Le saviez-vous ?
Le motif de « mutations technologiques » peut-être évoqué pour légitimer un licenciement collectif. Quelques exemples dans l’article ci-après : https://www.juritravail.com/Actualite/licenciement-economique-employeur/Id/14202

Le décor est planté !

Aujourd’hui, que ce soit dans un cadre personnel ou professionnel, l’Intelligence Artificielle est partout. A quel point l’emploi est-il menacé, et dans quel mesure le Droit du Travail peut-il y remédier, ou du moins proposer des alternatives et/ou accompagner le mouvement ?

L’Intelligence Artificielle, kezaco ?

L’Intelligence Artificielle est un ensemble de technologies (machine learning, deep learning, data mining, …) dont l’objectif est de seconder l’homme pour des actions répétitives, en s’appuyant sur les big datas c’est-à-dire d’énormes (de plus en plus !) bases de données.

IA & emploi, verre à moitié plein ou à moitié vide ?

Du côté des pessimistes, menaces & destruction pour l’emploi

 

Relativement aux menaces, l’exemple du « Voice Picking » est souvent évoqué.

Le voice picking est un processus dans lequel l’homme suit les instructions (à priori optimisées) de la machine. Menaces il y a, dans la mesure où l’homme perd tout contrôle et toute capacité d’initiative dans son emploi.

 

Pour ce qui est des destructions d’emploi, certains emplois ont vocation à disparaître au profit de la machine (comprendre des algorithmes). C’est le cas pour des emplois tels que les spécialistes du sourcing, les opérateurs spécialisés en SAV, les employés de laboratoires d’analyses, les routiers, les conseillers juridiques…

Dans une certaine mesure cependant, parce que pour le moment, même les chatbots ont montré leur limite et l’humain peut être amené à reprendre la main, en derniers recours ou même un peu avant…

 

Du côté des optimistes, transformation

 

« Transformation de l’emploi + droit du travail = sécurisation du parcours emploi / accompagnement »

 

Dans le rapport Villani, le député éponyme parle de « complémentarité capacitante » ; l’Intelligence Artificielle est avant tout une intelligence de répétition, qui a pour rôle de renforcer l’intelligence plus émotionnelle de l’être humain.

 

Aussi, les optimistes évoqueront-ils plus volontiers l’inéluctable transformation de l’emploi.

Dans ce cadre, le rôle du droit de travail est de sécuriser le parcours emploi en se focalisant notamment sur l’accompagnement.

IA et Droit du travail, quelles solutions ?

Zoom sur les rôles clés :

 

– de l’anticipation, pour accompagner au mieux les transformations.

L’entreprise doit être pro active sur ce sujet. Elle doit préparer le terrain de la complémentarité en élaborant des modèles en amont, en prenant en compte l’homme et la machine.

 

– de la formation pour maintenir les salariés capables face aux mutations technologiques.

NB : tout employeur a une obligation légale d’adaptation de ses salariés à l’évolution de leur emploi (art L 6321-1 du Code du travail).

 

Les outils qui existent déjà

  • La GPEC (Gestion personnelle de l’Emploi et des compétences) : c’est un outil de gestion RH qui permet de préconiser des plans de formations adaptés aux besoins anticipés pour l’entreprise en termes technologique, technique, humain… Le dispositif est obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés.
  • L’entretien professionnel : cet entretien est renouvelé tous les 2 ans, pour discuter avec le salarié de ses perspectives d’évolutions professionnelles.
  • Quand le Droit du travail s’adapte… Le travail à temps partagé, le télétravail, le droit à la déconnexion sont autant d’exemples d’adaptation du droit du travail aux évolutions du monde du travail.

 

Les axes de progression

  • L’exemple du voice picking est assez emblématique ; si la machine (et l’IA) sont censées soustraire l’homme aux tâches répétitives et rébarbatives, ce n’est pas toujours le cas et le Droit du Travail va devoir faire face à un nouveau style de pénibilité : la pénibilité émotionnelle ou psychologique,
  • Le renforcement du rôle d’encadrement vis-à-vis des « bonnes pratiques » en matière d’utilisation de l’IA en entreprise.

 

Et vous, quelles seraient vos priorités ?